“Avant de parler, un enfant chante.
Avant d’écrire, il dessine.
Dès qu’il est debout, il danse.
L’art est le fondement de l’expression humaine.”

En ces temps où la situation sanitaire et cette période hivernale nous mènent chaque jour vers un peu plus de repli, l’art-thérapie me semble un chemin des plus pertinents pour convoquer ce qui est et reste vivant en chacun/e de nous.
Mais, avant cela, il peut être nécessaire de tordre le coup à une idée reçue sur l’art-thérapie qui a la dent dure : « je ne peux aller voir un art-thérapeute, cet accompagnement est destiné aux artistes ».

 

Le droit à l’expression

Le droit à l’expression ne serait donc accordé qu’à l’unique condition de maîtriser, d’être expert, donc d’être validé par l’extérieur comme détenteur de certains atouts, aptitudes ou encore talents.
Aurions-nous cette injonction auprès d’un enfant, qui serait celle de lui permettre de tracer sur la feuille à une seule condition : que sa maîtrise du trait soit irréprochable par exemple?

Honorer le vivant, écouter sa musique intérieure, lui permettre de se déployer, n’est-ce pas l’essentiel afin de donner forme à nos dynamiques internes.

Pouvons-nous accueillir et faire trace de ce qui est là, présent quelque soit sa forme :  le tremblant, le vulnérable, le débordant, l’absurde, l’expansif tout comme le timide, le sacré, le beau ou encore le monstrueux?

 

« … c’est en jouant, et peut-être seulement quand il joue, que l’enfant ou l’adulte est libre de se montrer créatif. »
Winicott

 

L’art-thérapie ne cherche pas à muscler davantage le mental et ses injonctions continuelles.

L’art-thérapie permet un contact direct avec notre monde intérieur, avec notre sagesse intérieure en la convoquant via nos rêves, nos productions plastiques…
Notre âme sait.
Elle demande simplement de l’attention, du soin, de l’intérêt pour libérer pas à pas ses messages et remettre du mouvement dans un système qui s’est grippé.

Alexandra Duchastel, art-thérapeute québécoise le nomme ainsi : « Les médiums artistiques sont utilisés pour nous propulser dans une aire de jeu qui nous permettra de renouer avec la richesse de notre imaginaire et de retrouver notre pouvoir naturel de création : la création est une activité naturelle qui peut se déployer en chacun de nous »

 

Le droit à récupérer son pouvoir

Ainsi cette création est notre capacité à « nous donner le droit » d’être … à retrouver le chemin de notre singularité, de ce chemin si spécifique qui n’est que le nôtre.

Oser la création, oser l’expression, c’est nourrir sa palette propre pour être acteur de sa vie!

Alors, est-ce toujours si étranger pour vous?